La colonne à Francis

mardi 12 février 2008

Le guérillero de Trois-Pistoles et la politique comparée



Victor-Lévy Beaulieu (wiki) a appuyé l'ADQ aux dernières élections. Aujourd'hui, il revient faire la leçon au PQ en s'attaquant à Pauline Marois. L'écrivain québécois en a contre la récente proposition de la chef péquiste. Sa lettre d'opinion, publiée dans Le Devoir et intitulée La traitrise de Pauline Marois, se termine ainsi:

"Il m'apparaît donc urgent que le Parti québécois, à défaut de nous débarrasser de Pauline Marois la traîtresse, la soigne de sa schizophrénie galopante. Il m'apparaît aussi urgent que les Québécois francophones, par tous les moyens possibles, livrent à Mme Marois une guerre sans merci, à défaut de quoi on va finir par s'ennuyer amèrement de Gilles Duceppe et, qui l'eût pensé, même d'André Boisclair!"

Son champ sémantique, il me semble, est celui de la guérilla. Le maillon le plus original - pour le moins qu'on puisse dire - de son argumentaire est la comparaison qu'il trace entre les situations linguistiques québécoise et tibétaine. Soit le Québec suivra la voie des ex-républiques soviétiques (c-à-d qu'il quittera l'empire qui l'empêche de s'épanouir dans sa langue) et rejettera les idées coloniales de Pauline Marois; soit il subira le même sort que le Tibet, selon Beaulieu. Samedi, Michel David disait ceci à propos de la proposition de Marois:


"En politique, le sens du timing est une qualité essentielle. Une bonne idée émise au mauvais moment peut devenir une très mauvaise idée. Pauline Marois ne mesure peut-être pas l'étendue des dommages causés par son plaidoyer en faveur du bilinguisme dans l'entrevue qu'elle a accordée au Devoir en début de semaine."
(source photo: fpjq.org)

vendredi 8 février 2008

Premier retour sur un débat en cours

Toujours au sujet de la langue, voyez ce commentaire d'Alain Dubuc intitulé La «game». Dubuc y décrit une généalogie du récent débat linguistique qui rejoint en plusieurs points le contenu de trois de mes billets précédents:

- La langue sur la table: PLQ vs. PQ
- La langue en Stastny-stiques
- Le splish-splash de Pauline Marois

Notez qu'Alain Dubuc traite d'un thème que je n'ai pas abordé, soit la perte de contrôle de Pauline Marois sur le message linguistique projeté par le PQ. Par contre, Dubuc omet un sujet que je crois nécessaire à l'analyse de l'émergence du débat linguistique: l'effet de la couverture éditoriale massive qu'ont accordée La Presse et Le Devoir au dialogue sur la langue engendré par les sorties de la chef péquiste. Il ne fait aucun doute que le débat aurait pris une forme moins publique si les commentateurs politiques de La Presse ne s'étaient pas si agressivement et si tôt prononcés contre les propos de Marois. À cet effet, (re-)lisez Blitzkrieg lapress-ienne contre Marois et Le splish-splash de Pauline Marois.

Pour vous mettre à jour sur les positions linguistiques (officielles) actuellement promues, voyez, pour le PLQ, Coup de barre pour le français, et pour le PQ, A History of the Conquest et Marois veut des élèves bilingues.


(source photo: ledevoir.com)

mercredi 30 janvier 2008

La langue sur la table: PLQ vs. PQ



Il devient de plus en plus clair que le Québec n'échappera pas à un nouveau débat linguistique. Pour l'instant, l'imbroglio ne porte que sur l'interprétation à donner aux statistiques, mais déjà La Presse et Le Devoir lui consacrent une couverture éditoriale considérable.


Qu'est-ce qui permet, outre la couverture médiatique, de prévoir le retour d'un débat portant sur la langue? Le simple fait que "la protection du français" constitue sans doute le meilleur cheval de bataille que le PQ puisse enjamber dans la situation tripartite actuelle. Le cheval de "la protection de l'identité", d'élevage adéquiste, n'enchantait guère le PQ, qui préfère promouvoir l'idéal d'une société plurielle et moderne. Mais en insistant sur la fragilité du français en Amérique du Nord, Mme Marois peut espérer rallier une bonne partie de l'électorat péquiste du temps où l'ADQ était marginal. Et du coup, le thème de l'identité devient corollaire; l'élection de Mme Marois: probable.

En effet, comme la protection du français est un thème largement identifié au PQ, la recrudescence du débat linguistique ne peut qu'avantager Mme Marois, puisque l'électorat qui est susceptible de trouver convaincant un discours reprenant la thématique linguistique se divise actuellement principalement entre l'ADQ et le PQ. Les groupes qui craindraient un renforcement de la loi 101 sont quant à eux déjà dans le camp du PLQ. D'opinion contraire, Michel C. Auger écrivait la semaine dernière que Mme Marois a tort de parler de langue alors que l'économie devient la préoccupation principale des Québécois, mais son analyse semble reposer sur des prémisses qui prévalaient à l'époque de l'Assemblée bipartite.

Comment le PLQ peut-il se défendre contre ce nouveau discours? Peut-être en accusant Mme Marois d'un mélange de malhonnêteté intellectuelle, de petitesse politique, d'incompétence et de soumission aux éléments plus radicaux du PQ. Déjà-vu? (... Charest vs. Dumont, Charest vs. Boisclair...) Peut-être, sauf que cette fois le PQ est plus uni et donc apte à défendre son chef. Et l'image publique de Mme Marois est loin d'être aussi malléable que celle de MM Dumont et Boisclair. De plus, la thématique linguistique est bien ancrée dans notre culture politique et recevra par conséquent une attention particulière. Il suffirait à Mme Marois de présenter une politique linquistique bien ficelée pour saisir toute l'attention médiatique, mettre Jean Charest sur la défensive, et créer une impression d'urgence qui diminuerait l'importance relative des questions d'ordre économique. Autrement dit, une défense libérale ne misant que sur l'image de la chef péquiste paraît dangereuse parce qu'elle pourrait laisser le temps à Mme Marois de mettre sur rail un train que les libéraux pourraient ne plus savoir rattraper.

C'est dans cette optique que je lis le dernier éditorial d'André Pratte, où celui-ci propose la création d'un Ministère (provincial) de la Population, qui "regrouperait les activités du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles à celles de la partie «famille» du ministère de la Famille et des Aînés et au volet «application de la Charte de la langue française» du ministère de la Culture."


Le titulaire du nouveau portefeuille devrait avoir fait ses preuves par sa rigueur, sa modération et sa capacité à gérer les crises. Philippe Couillard? Michelle Courchesne? Line Beauchamp?


La création de cette nouvelle entité n'empêcherait en rien le gouvernement d'accorder priorité à l'économie. C'est même le contraire. Le développement économique futur du Québec dépend notamment de l'augmentation de la population. Celle-ci repose sur une hausse du nombre de naissances et sur l'intensification de l'immigration.


Pour que cette dernière ne soit pas vue comme une menace, les mesures en faveur de la francisation des immigrants doivent être considérablement renforcées, tandis que la loi 101 doit être appliquée avec doigté et détermination. Tout cela se tient.


En plus de permettre une action gouvernementale plus forte dans ces domaines, la mise en place d'un ministère de la Population sensibiliserait les Québécois au fait que la croissance démographique est absolument essentielle à leur survie à long terme comme nation originale en Amérique.

Bien qu'André Pratte se soit clairement prononcé contre une récupération politique de statistiques linguistiques incomplètes, son éditorial témoigne de son inquiétude devant la montée de la thématique linguistique. Selon mon interprétation, Pratte estime que la défense libérale devra miser non seulement sur l'image de Mme Marois et sur les thèmes économiques, mais également sur la proposition d'une politique linguistique alternative à celle du PQ. Si Marois dit: "il faut protéger la langue et élire le PQ", le PLQ doit répondre "voici notre plan pour protéger la langue et l'économie" plutôt que "c'est le temps de penser à l'économie alors que Mme Marois ne pense qu'à la langue." De toute évidence, il sera plus facile pour le PLQ de promouvoir une image négative de la chef péquiste si celle-ci doit défendre 'un plan péquiste de protection du français' contre 'un plan libéral de protection du français dans une perspective de croissance économique' que si elle doit défendre 'le français' contre 'la croissance économique'. Si le PLQ a à craindre le départ du train linguistique, mieux vaut qu'il s'y accroche dès maintenant, selon Pratte.


Mais il est à noter que la stratégie promue par André Pratte n'est pas la seule envisageable pour le PLQ. Si le diagnostic que je trace est juste, le Premier Ministre pourrait également faire équipe avec Mme Marois pour régler la question avant les prochaines élections et couper l'herbe sous les pieds du PQ. Cette stratégie, appelée triangulation (wiki), a été utilisée par Bill Clinton comme par François Mitterand dans des situations où leur survie politique en dépendait. Avec la bonne dose de spin, elle est généralement couronnée de succès électoral. Il n'est pas exclu, non plus, que Jean Charest décide d'essayer d'imposer ses propres thèmes et de mettre le couvercle sur le débat linguistique: dangereuse stratégie qui laisserait beaucoup de latitude à Mme Marois.




(source photo: editionsvp.fr)

vendredi 25 janvier 2008

La langue en Stastny-stiques

Voilà ce qui est également caché à la population» dans l’aveuglante clarté des études démo-linguistiques. Le réel succès des politiques linguistiques québécoises. - Yves Boisvert


En lien avec ma note de la semaine dernière Le splish splash de Pauline Marois (qui fut soit dit en passant publiée dans LeDevoir du 19 janvier sous forme de lettre), je conseille L'autre secret sur le français d'Yves Boisvert. Le chroniqueur juridique de La Presse y explique clairement la signification de différentes statistiques citées dans le cadre du récent débat sur notre politique linguistique. Il traite également des accusations portées à l'endroit du gouvernment Charest suite au retard dans la publication de certains rapports.


(source photo: sportsencyclopedia.com)

mercredi 23 janvier 2008

Pot-pourri: Gaza, et caetera

(source photo: boston.com)

Quelques petites nouvelles:
* Le Devoir publie un aperçu du rapport Castonguay. On dit:

Il y a tout lieu de se surprendre que les trois membres de la commission aient pu surmonter leurs différences idéologiques pour arriver à signer un rapport unanime.(...)

Le groupe de travail s'est largement inspiré des expériences en Europe, où la population est en meilleure santé qu'au Canada ou aux États-Unis, où elle est plus satisfaite des services reçus et où les soins coûtent moins cher. (...) Michel Venne a cité une étude, commandée par le groupe de travail, qui constate que l'accessibilité des Québécois aux soins de santé est l'une des moins bonnes du Canada, déjà dans le peloton de queue à cet égard parmi les pays développés.

* En Palestine, des dizaines de milliers de gens se sauvent de la bande de Gaza après avoir fait tomber le mur qui sépare le territoire de l'Égypte. Une proportion d'entre eux revient après un tour à l'épicerie. (regardez les photos et voyez les liens à droite)

* Aux États-Unis, Ron Paul, le candidat libertarien à l'investiture républicaine, reçoit l'appui de Jane Roe (wiki), qui s'était rendue en Cour Suprême des États-Unis pour défendre le droit à l'avortemet. Jane Roe s'est depuis ralliée au mouvement pro-vie.

* Dans la campagne à l'investiture démocrate, John Edwards laisse sous-entendre que ses relations avec Clinton et Obama se sont un peu détériorées > dans une entrevue télé à David Letterman.

* Par contre, cette photo laisse penser que dans l'fond, y s'aiment ben. Photo du jour, prise lundi:

* Les néo-démocrates dévoilent le nom d'un premier candidat québécois high profile. Il s'agit de Cheryl Gosselin, professeure à Bishop's dans le département des Women's Studies.

* Dans mon dernier billet, Gilles Duceppe regarde à gauche, je prévoyais que Duceppe se positionnerait à gauche et éviterait de parler de souveraineté à l'occasion d'une éventuelle campagne cet hiver. Aujourd'hui, Michel C. Auger écrit que le PQ fait une erreur en parlant d'identité et de loi 101 alors que l'économie devient la préoccupation principale des Québécois. Il prédit conséquemment la survie du gouvernement Charest au-delà de la session parlementaire. Le tout dans le cadre d'une discussion théorique sur les effets qu'une récession peut avoir sur un gouvernement.

* Inutile de vous suggérer des liens à propos du rapport Manley sur l'Afghanistan. On en parle partout. Manon Cornellier propose une analyse originale aux abonnés du Devoir.


(source photo: thePolitico.com)

samedi 19 janvier 2008

Gilles Duceppe regarde à gauche


"La thématique et la stratégie sont prêtes" dit Gilles Duceppe.
Tout indique que nous nous dirigeons vers une élection fédérale avant l'été. Gilles Duceppe a laissé entrevoir sa stratégie électorale "à l'occasion d'une journée de formation" pour députés et militants. Il semble que la souveraineté aura une place bien maigre dans son arsenal discursif au cours des prochains mois. Vous vous en convaincrez peut-être en visionnant l'entrevue qu'il a accordée à Patrice Roy le 18 décembre. (Voyez le Téléjournal du 18 décembre et avancez à la 28è minute.)

Plutôt que de chercher à mettre la main sur le vote nationaliste, qui s'est en partie déplacé vers le Parti Conservateur (Et non sans cause! Prenez-en pour preuve la réaction conservatrice aux récents propos de Justin Trudeau) Gilles Duceppe se postionnera comme chef d'un parti d'opposition de gauche. Avec la relative faiblesse des libéraux et des néo-démocrates au Québec, c'est le terrain le plus fertile à l'horizon. Tant que Jack Layton et Stéphane Dion ne se déferont pas de l'étiquette centralisatrice, le Bloc aura beau jeu de se présenter comme le seul grand parti de gauche respectueux des aspirations québécoises. Comme les québécois ont davantage à reprocher à Stephen Harper sur le plan de la politique environnementale, économique, culturelle que sur le plan des relations fédérales-provinciales, cette stratégie est la seule qui permette au Bloc d'espérer rester en mode offensif durant la campagne.

Évidemment, cette position ne demeurera pas aussi confortable très longtemps. Il suffirait d'un Michael Ignatieff à la tête des libéraux pour de nouveau remettre en question la pertinence du Bloc. Mais Gilles Duceppe ne s'est jamais opposé à des thèmes de campagne à espérance de vie limitée - pensez aux deux dernières campagnes... Notez que Duceppe fixe la barre à 38 sièges pour demeurer à la tête du Bloc.

Dans une perspective où l'on pourrait voir plusieurs gouvernements minoritaires se succéder à Ottawa, ce repositionnement devrait, pour un temps, rendre le Bloc plus "vendable" comme allié parlementaire au Canada anglais. Pour l'instant, that's where the Bloc stands. Et il ne devrait pas bouger à moins d'une montée libérale ou néo-démocrate au Québec.
(source photo: viewimages.com)


vendredi 18 janvier 2008

Nazis, Scientologie, Tom Cruise et la bombe atomique

Deux liens web:
Premièrement, voyez cette vidéo en anglais où Tom Cruise parle de la Scientologie (wiki). Il s'agit d'une vidéo présentée en exclusivité sur Gawker.com. Le site prétend qu'elle démontre l'endoctrinement dont Cruise ferait l'objet. Quand la science s'intéresse à la religion, l'effet est généralement libérateur. Mais quand la religion se base sur des théories scientifiques, l'effet est immanquablement l'essentialisation à l'extrême de l'expérience humaine, comme en fait foi le témoignage de Tom Cruise.

"If you're a Scientologist, you see life, you see things the way they are. In all its glory, its complexity. (...) So it's our responsibility to educate, to create the new reality." -TC

L'intérêt de mettre en ligne ce lien est de permettre une plus vaste consultation de la vidéo, dont la diffusion est très limitée.
(P.S. Voyez cette entrevue avec l'auteur du livre en question.)

Deuxièmement, en suivant ce lien vous découvrirez que les nazis auraient développé la bombe atomique bien avant que les Américains ne bombardent Hiroshima, mais qu'ils auraient choisi de ne pas l'employer.

(Pourquoi un champignon?)



mercredi 16 janvier 2008

Le splish-splash de Pauline Marois


Celle-là, Mme Marois, comme dirait votre prof d’anglais: «I don’t get it», d'écrireYves Boisvert
Il semble que Pauline Marois ait décidé que la paix linguistique peut être sacrifiée au nom de gains électoraux.

Statistique Canada doit publier les données sur la langue au travail issues du dernier recensement dès ce printemps, mais Mme Marois a choisi de cogner sur le clou de la langue sans les attendre, profitant de la vague créée par une étude douteuse (voir dossier) du Journal de Montréal. Il est évident que Marois espère ainsi s'identifier auprès des électeurs comme la chef qui prend la protection du français le plus à coeur. Mais il est malheureux que Mme Marois s'achète cette étiquette en empruntant la voie facile: celle de la division. Tout comme dans le cadre du débat sur la citoyenneté, la chef péquiste choisit d'attirer l'attention sur ses préoccupations en jetant un pavé dans la mare sans s'inquiéter du fait que le pavé se désintègre au contact de l'eau. Ce sont, il semble, les vagues qui l'intéressent.

Certes, Marois répond à un impératif stratégique, mais il eut été plus magnanime (ou responsable... ou honnête...) d'y répondre avec un projet de loi sérieux fondé sur des données crédibles. La qualité des femmes (et des hommes) politiques se mesure à leur capacité à remplir de manière concomitante des objectifs politiques - au sens noble du terme - et des objectifs stratégiques; ainsi qu'à leur refus de soumettre le bien commun aux intérêts partisans. Mme Marois a choisi la rhétorique divisive devant la paix linguistique, et cela sans avoir démontré que le débat linguistique mérite d'être ré-ouvert. En d'autres termes, Madame Marois divise pour régner sans avoir fait la démonstration que la division a des effets louables au-delà de son règne. Le PQ d'abord; le tissu social ensuite.

On ne devrait pas se surprendre du fait qu'Yves Boisvert, Vincent Marissal et André Pratte (tous trois de Cyberpresse) dénoncent Marois à l'unisson:
Des vagues, direz-vous?
Elle ne pouvait espérer mieux?

Toujours est-il que Madame Marois s'éloigne petit-à-petit de l'idéal de René Lévesque, qui aurait par ailleurs sans doute préféré une partie de poker avec M Charest à une partie de splish splash avec M Dumont. Alors que Lévesque se tiraillait avec son parti sur des questions de fond pour protéger ce qu'il percevait comme le bien commun des québécois, Mme Marois tiraille le bien commun pour protéger son parti sans considération pour le débat de fond.


(source photo: renartleveille.wordpress.com)


samedi 12 janvier 2008

Chalk River: Vladimir ou la démission?



André Pratte, Manon Cornellier et Michel David consacrent tous trois leur chronique du samedi à l'affaire Chalk River. Selon Michel David, le ministre conservateur Gary Lunn (wiki) a commis une erreur plus grave que celle qui a mené à la démission de Jean Charest en 1990.
*

Manon Cornellier explique en termes on ne peut plus clairs en quoi le ministre Lunn s'est mis dans une position intenable:
*

"L'affaire du réacteur de Chalk River a rebondi quand on a appris que le ministre des Ressources naturelles, Gary Lunn, menaçait la présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), Linda Keen, de renvoi pour ne pas avoir obéi à ses ordres."

*
Cornellier explique également en quoi la rhétorique partisane du Premier Ministre Harper l'a mis dans une situation embarrassante. André Pratte réagit plus fortement à l'attitude du Premier Ministre dans ce dossier et intitule son éditorial Vladimir Harper, puis fait référence à "l'autoritarisme" de Vladimir Poutine.
*


(source photo: garylunn.com)




Samedi 5 janvier 2008

Barack Obama vs. Hillary Clinton

Obama 38%; Edwards 30%; Clinton 29%;


Les résultats des caucus de l'Iowa ont mis Barack Obama à l'avant-scène de l'actualité médiatique. Bien que Hillary Clinton mène par quelques points dans les derniers sondages au New Hampshire, le prochain état à tenir des primaires, il ne lui reste que 4 jours pour ralentir une tendance qui semble très lourde. Cette tendance promet de prendre de l'ampleur avec la visibilité que reçoit dorénavant le sénateur de l'Illinois. Si Obama gagnait au New Hampshire mardi, il serait en excellente position pour la primaire de la Caroline du Sud du 26 janvier, où les Afro-américains forment une partie importante de l'électorat démocrate. Ces trois victoires lui conféreraient une avance difficilement surmontable. (Voyez son discours de victoire avec les commentaires de Richard Hétu.)

On comprend mieux pourquoi la campagne Clinton semble perdre le Nord malgré une avance nationale qui semblerait confortable en d'autres circonstances. D'autant plus que le camp Obama a su imposer le thème du changement, dont l'appeal a eu raison de la majorité des autres candidats. Clinton, qui a voulu un (court) temps se présenter comme la candidate d'expérience, semble changer de stratégie à nouveau. Tout cela a eu raison de la cohérence que sa campagne affichait il y a quelques semaines encore.

Alors que les Clinton n'arrivent plus à trouver leur pied dans l'environnement discursif imposé par Obama et Edwards, ces derniers répètent sans broncher qu'il est temps d'élire un président qui n'est pas issu de l'establishment de Washington.

Chez les républicains, les résultats laissent présager une course tout aussi imprévisible. Mike Huckabee, le vainqueur en Iowa, ne pourra pas remporter la primaire du New Hampshire ni récolter la médaille d'argent. Il pourrait même être devancé au troisième rang par Ron Paul, le candidat libertarien qui compte sur le support de nombreux indépendants. Mitt Romney, le richissime homme d'affaire du Massachusetts, doit stopper la montée de John McCain pour demeurer dans la course. McCain est certainement le candidat républicain à l'image la plus solide. Il a également remporté la primaire du New Hampshire devant Bush en 2004. Rudy Giuliani, quant à lui, est en chute libre dans les sondages nationaux comme locaux (New Hampshire, Caroline du Sud, Floride) et les observateurs sont de moins en moins nombreux à croire en la viabilité de sa candidature. En effet, il est difficile d'envisager une remontée pour l'ancien maire de New York à moins d'un attentat terroriste durant les mois à venir. (Voyez sa nouvelle pub sur le terrorisme.) Il menait dans les sondages avec une avance considérable depuis le début 2007.

L'investiture démocrate ira sans doute à Clinton ou Obama. Chez les républicains; Romney, McCain, Giuliani et Huckabee sont tous dans le peloton de tête. D'où l'importance capitale des débats Facebook-WMUR-ABC qui seront présentés en programme double à compter de 19h samedi le 5 janvier, à trois jours des primaires. Une piètre performance - en termes comparatifs - pour Clinton ou Romney pourrait éteindre leurs ambitions présidentielles bien plus tôt que prévu. (Voyez les débats en direct sur ABC. ** Pardon, ABC.com ne présente pas les débats. (???) Il faut creuser jusqu'à WMUR! Le débat.)

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Certains trouveront intéressant cet outil interactif de USA Today. Il vous permet d'identifier le candidat qui conviendrait le mieux à vos préférences. Son interface originale le rend digne de mention.

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Cet article du New York Times traite des habitudes de sommeil des candidats et vous donnera une idée de la pression sous laquelle ils se trouvent. Mardi, John Edwards avait un dernier rendez-vous à minuit. Mercredi, il se levait pour rencontrer des électeurs à 2:15 du matin. Giuliani a été hospitalisé le mois dernier, prétendument à cause de la fatigue.

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Finalement, certains trouveront intéressantes les prédictions des commentateurs, journalistes et stratèges au sujet des stratégies que suivront les candidats au cours des prochains jours. (Tous les candidats, Obama, McCain, McCain encore, Clinton, Clinton encore, Paul, Huckabee, .)

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D'autres préféreront procrastiner devant la bourse des candidats, qui prédit souvent mieux que les sondages les résultats électoraux.

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D'autres encore se réjouiront d'apprendre que la "campagne négative"dans laquelle les Clinton veulent se lancer pourrait vite s'avérer dangereusement contre-productive.

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Voyez mon billet précédant sur les primaires américaines.

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Dimanche 23 décembre 2007

Entre 2007 et 2008

C'est le temps des bilans 2007 et des prédictions pour 2008. Michel C. Auger de Radio-Canada parlait de scénarios électoraux la semaine dernière et propose maintenant un bilan préliminaire du gouvernement minoritaire à Québec. Ses scénarios rejoignent en plusieurs points l'excellente analyse de Denis Lessard sur Cyberpresse. Lessard y traite des circonstances stratégiques auxquelles font face les trois chefs provinciaux ainsi que des scénarios électoraux envisageables. Il révèle que Pauline Marois et Gilles Duceppe se sont rencontrés en secret à la mi-décembre.



Au sujet de la scène fédérale, Patrice Roy dresse un palmarès des événements l'ayant le plus marquée en 2007.



Finalement, Richard Hétu signe un long article décrivant les courses aux investitures américaines où il dresse le bilan des tendances qui se sont dessinées au cours des dernières semaines.



Quelles sont vos prédictions pour l'année à venir?

Encore mieux, quand prédisez-vous que nous aurons un nouveau premier ministre provincial?

Lundi 17 décembre 2007

Qui sera le prochain président américain?

Le 3 janvier prochain, les électeurs de l'Iowa, un état du MidWest américain de 3 millions d'habitants, voteront à l'occasion du premier d'une longue série de caucus et d'élections primaires. Cinq jours plus tard, ce sera aux électeurs du New Hampshire (1.3 millions d'habitants) de se prononcer sur les candidats qu'ils veulent voir dans la course à la présidence. Pour les démocrates, le flambeau passera ensuite...

- au Michigan (15 janvier - 10.1 millions)
- au Nevada (19 janvier - 2.4 millions)
- à la Caroline du Sud (26 janvier - 4.3 millions)
- à la Floride (29 janvier - 17.8 millions)

... puis le 5 février, ce seront 22 états qui tiendront leurs caucus et primaires en même temps lors du fameux Super Tuesday. Le 6 février, il est probable que nous ayons une bonne idée de l'identité des candidats qui remporteront les investitures démocrate et républicaine.

Le caractère démocratique du processus de sélection des candidats des deux grands partis américains impressionne, surtout quand on le compare à certaines de nos courses à la chefferie. Mais si ce processus en est un des plus ouverts au monde, il est aussi un des plus compliqués. Pour vous y retrouver, nous vous proposons quelques liens:

  • YouTube YouChoose vous permet de consulter les vidéos des différents candidats. Vous y verrez certaines de leurs publicités et certains de leurs discours, et vous y trouverez des liens vers leurs sites officiels.

N'hésitez pas à nous suggérer d'autres liens!

Lundi 17 décembre 2007

Bienvenue au Pommier !

L'équipe de LePommier.ca vous souhaite la bienvenue sur son nouveau blogue!

Le projet LePommier.ca vise à terme à créer un site de référence sur la politique québécoise où les internautes trouveront toutes sortes de ressources qui faciliteront la consommation de l'information portant sur la politique au Québec. Éventuellement, LePommier.ca vous présentera des entrevues exclusives avec des acteurs politiques, vous permettra de consulter les sondages ainsi que les communiqués de presse pertinents, commentera sur les chroniques des différents commentateurs politiques québécois et canadiens, et vous donnera accès à des chroniques exclusives.

Le premier objectif qui guide l'équipe du Pommier est de rendre l'information politique de qualité plus accessible. Dans un environnement cybernautique où le commentaire rigoureux est dispersé et séparé par plusieurs clics, nous croyons qu'un site donnant accès aux multiples sources d'information et de commentaire sera plus qu'apprécié.

C'est dans cette optique que nous lançons aujourd'hui notre blogue, qui vous donne accès aux pages des chroniqueurs politiques que nous jugeons les plus pertinents ainsi qu'à nos propres commentaires.

Nous espérons que vous ferez de nous vos courtiers de l'information et nous sommes impatients de lire vos commentaires et suggestions.


- L'équipe de LePommier.ca


Spécial primaires américaines

*** *** VENDREDI 22 FÉVRIER *** ***
McCain et l'adultère: sources et conséquences de la fuite
Peopliser vis-à-vis d'une rock star: les robes de Hillary
Les 16 avantages de la campagne d'Obama
Comment Clinton peut-elle se défendre? (10 stratégies)
***
Au sujet des primaires américaines, voyez nos billets précédents 'Qui sera le prochain président américain?' et 'Barack Obama vs. Hillary Clinton' (ci-bas). Voyez aussi le blogue Cyberpresse de Richard Hétu.
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lundi 31 décembre 2007

Et le grand "Loser" de 2007 est...

Mario Dumont!

Assez étonnant, non? Pourtant, c'est ce que Lysiane Gagnon signe aujourd'hui dans le Globe and Mail.

Dans un billet intitulé "The Quebec loser of '07: Mr. Dumont", Gagnon fait une prédiction courageuse:

"Few find Mr. Dumont mature enough to lead the opposition, let alone a government. In 2008, the Liberals and the PQ will be ferociously competing for the ADQ voers and, if an election is called, the campaign might very well return to the traditional mode of a two-way race."
Pour justifier son choix, Gagnon donne trois exemples: Le plan adéquiste d'éliminer les commissions scolaires, l'opposition au nouveau cours d'enseignement des religions et de l'éthique aux écoles primaires et le "no-show" à la Commission Bouchard-Taylor.

Il est vrai que l'année a été décevante pour Mario Dumont, mais tenant compte qu'il a commencé l'année avec quatre députés et des intentions de votes oscillant dans la marge d'erreur sur l'Ile de Montréal... C'est un peu difficile de l'étiqueter de "loser".

Bien que sa première année comme Chef de l'opposition fut décevante, il est loin d'être le plus grand "perdant" de 2007. D'abord, l'ancien Chef de l'opposition, André Boisclair, n'a même pas survécu. On pense aussi au revirement de Gilles Duceppe, qui a quitté la direction du BQ pour 26 heures. Ou bien à Stéphane Dion, qui a reculé au Québec depuis qu'il est devenu Chef du PLC.

On pourrait peut-être qualifier Mario Dumont d'être la plus grande "déception" de 2007... Mais même là. Les attentes étaient relativement basses... Surtout avec une équipe recrue.

Lysiane Gagnon présente des critiques importantes à l'endroit du chef adéquiste, certes. Mais ils ne justifient aucunement la remise d'un tel "prix".

Il est clair qu'un titre comme "A disappointing year for Mario Dumont", n'aurait jamais eu autant de punch, mais il aurait certainement été plus approprié pour la chronique en question.

Le billet sera probablement reproduit dans La Presse plus tard cette semaine.

dimanche 30 décembre 2007

Où sont les intellos (québécois)?

Voilà la question que Dany Laferrière, auteur et intello québécois, pose dans une lettre ouverte. Extrait:

[La classe intellectuelle] s'est couchée au Québec devant cette montée de la droite menée par Mario Dumont qui, comme d'autres ailleurs, sait exciter le peuple avec la menace de l'immigration. Au lieu de se manifester, les intellectuels québécois cherchent des explications à un flot d'insultes jetées à la tête de l'immigré déshumanisé durant cette tournée de la commission Bouchard-Taylor. On tente par des raisonnements légers de minimiser une situation dramatique: 83% des interventions dans les médias en 2007, à propos des communautés culturelles, étaient d'ordre négatif. C'est beaucoup. Assez pour dire qu'il y a quelque chose de pourri ici.
Une lettre intéressante qui exprime bien le malaise chez certaines personnes mais qui rate peut-être sa cible en frappant trop fort... "Les immigrés se sentiraient moins seuls devant ce tombereau d'insultes qui n'annonce pas des jours meilleurs si un intellectuel, un seul, se levait pour dire qu'il n'était pas d'accord avec ce qui se dit." Il est vrai qu'il y a des dérapages à la Commission Bouchard-Taylor, sans parler des titres alarmistes dans les médias. Mais de là à dire qu'il n'y a pas UN seul intello québécois qui dénonce la situation... Disons que c'est un peu fort.

La liste des personnes qui ont dénoncé les déboires est longue. Une bonne franche de la classe intellectuelle du Québec - autant du côté des politiciens (Jean Charest, Françoise David, etc) que des journalistes (André Pratte, Lysiane Gagnon, Paul Cauchon) et des syndicalistes (la CSN) - s'est levée pour dénoncer les dérapages à la Commission et ailleurs dans le débat sur les accommodements raisonnables.

Une autre grande limite à l'analyse de Laferrière... Il présume que la classe intellectuelle est de gauche... Il se peut très bien que la classe intellectuelle du Québec est debout et vibrante... Même si elle dénonce Québec Solidaire au lieu de l'ADQ.

Placez votre titre ici

Ce soldat est mort en Afghanistan aujourd'hui.

Cyberpresse et Canoe se servent du même article de la Presse canadienne... Sauf que...

Canoe.ca titre avec:
Afghanistan: un soldat québécois tué et 4 autres blessés

Tandis que Cyberpresse.ca y va avec:
Un soldat canadien tué, 4 autres blessés

En cliquant sur l'article de la page d'accueil de Canoe, on tombe sur l'article de la Presse canadienne, avec le même titre que celui qui se retrouve sur le site de Cyberpresse.

Ajout: The Star met comme titre "Quebec soldier dies in blast", tandis que le Globe and Mail choisit "Canadian killed by IED". De son côté, le National Post y est allé avec un titre plus simple. "Gunner killed in Kandahar."

samedi 29 décembre 2007

La Presse et l'Afghanistan

La Presse prononce de sérieuses réserves à l'égard de la mission en Afghanistan. Depuis une semaine, Mario Roy et André Pratte signent des éditoriaux qui remettent en cause la guerre. Voici des extraits:

22 décembre 2007
Dans "Fatigue Afghane", Mario Roy signe:

Tout cela étant et si rien ne change de façon radicale, il faudra le répéter: le Canada a fait plus que sa part en Afghanistan. Et il n'y aurait aucune raison de continuer à sacrifier des vies pour une cause à laquelle personne ne croirait plus.
29 décembre 2007
Dans "Mme Bhutto et nous", André Pratte signe:
Le premier ministre a dit récemment que la décision des parlementaires canadiens à ce sujet devra être fondée sur «les intérêts à long terme du Canada.» Plus la région s'embrase, moins il est clair que ces «intérêts à long terme» exigent la présence de nos soldats au beau milieu des flammes.

Benazir Bhutto et le Québec

En faisant des recherches sur les femmes au pouvoir dans des pays musulmans, je suis tombé sur une chronique intéressante de Haroon Siddiqi dans le Toronto Star d'aujourd'hui. Outre ce qu'on apprend sur son règne à la tête du Pakistan, Siddiqi nous dit qu'elle a déjà étudié la question du Québec:

She once opined about Quebec separatism that if she were in charge of Canada, she would have ordered in tanks and troops long ago.
Je n'ai pas été en mesure de trouver la source principale, mais si c'est vrai, c'est assez spectaculaire comme déclaration... pour ne pas dire autre chose.

Les femmes au pouvoir

On ne cesse de l'entendre depuis la mort de Benazir Bhutto. Elle fut la première femme à diriger un pays musulman.

Hors, combien de femmes ont dirigé les États-Unis? Le Canada? (une seule, pour trois mois) Le Québec? La France? Le Royaume-Uni (une seule)? L'Allemagne? (une seule) L'Espagne? Le Portugal? Le Mexique?

L'Indonésie, le plus grand pays musulman, est mené par une femme.

On a déjà demandé à Hillary Clinton si le fait qu'elle soit une femme affecte ses relations futures avec les pays musulmans. Disons qu'Angela Merkel n'a pas eu beaucoup de difficulté avec le plus musulman des pays musulman.

Le Plan Dion, cinq ans plus tard

En 2003, Stéphane Dion, alors ministre des Affaires intergouvernementales, a doté le pays d'un plan vers un pays plus bilingue. Le "Plan Dion" voulait que 50% des étudiants gradués du secondaire en 2013 soient bilingues. Au moment d'adoption du plan, 24% l'étaient. Aujourd'hui, soit 5 ans plus tard, cette proportion a chuté à 23%, malgré des dépenses d'environ 800 millions de dollars.

Il y a environ un mois, Stephen Harper a nommé l'ancien Premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, pour mener une étude sur la progression du bilinguisme au pays. (Lord a été payé 24 950$, à 25 000$ il y a appel d'offre obligatoire). En entrevue au National Post, Bernard Lord a admis que l'objectif du 50% n'était plus réalisable. "It's a long shot. But it's a noble goal."

Dans un billet dans le Windsor Star, Lorne Gunter ne se casse pas la tête. L'objectif ne sera pas atteint et de toute façon, qu'est-ce ça change? Un billet intéressant pour capter le poulx à l'ouest du pays, mais qui a le mérite d'être lu si seulement pour cette citation:

But separatists were never bought off by official bilingualism. It didn't matter a whit to them whether a unilingual Francophone could apply for a Social Insurance Number in Peace River.
Le rapport de Bernard Lord devrait être rendu public au début du mois de janvier. Mais vraiment, on se demande ce que Lord va apporter de nouveau, surtout après son entrevue avec le National Post où il déclare ouvertement être en faveur du Plan Dion.

Et justement... que pense Gilles Duceppe de cette nouvelle consultation? "Ce sera une perte de temps."

vendredi 28 décembre 2007

L'argent et la politique

Un titre facile... gracieuseté de la Presse Canadienne: "Le manque d'argent nuit au PLC".

Le Star rapporte les sommes amassées en 2007:
Parti conservateur: 12,1 millions $
Parti libéral: 2,9 millions $
Nouveau parti démocratique: 2,6 millions $

Sommes impressionnantes?

Tout est relatif. Ron Paul, candidat marginal à la présidence américaine, a été en mesure de récolter plus de 6 millions de dollars en une seule journée.

Le NPD est prêt pour des élections

Malgré des sondages qui montrent peu de progrès, le NPD semble avoir du vent dans les voiles. L'été dernier, avant le "Tsunami d'Outremont", un attaché de presse du BQ m'a dit que son parti a plus peur de Jack Layton que de Stéphane Dion.

En entrevue avec le Star, Jack Layton n'a pas caché son désir d'aller chercher des sièges au Québec:

"We have a prospect of a team of Quebec MPs," he said, adding that strong results in Quebec will help cast the NDP as a national party.

"You can't really offer yourself as a governing team if you're not able to bring forward voices from Quebec. That's always been an obstacle to our growth," he said.

"If we can say to the people of Ontario, `Look here's a team that actually speaks for all parts of the country' ... that's going to attract some more interest."

À noter que l'ADQ ne menait pas dans les sondages le jour du vote et s'est retrouvé avec plus de sièges que le PQ. L'appui du NPD sera vraisemblablement concentré à Montréal. Une performance décevante dans les régions du Québec impactera très peu le NPD. Le parti compte faire des gains sur l'Île de Montréal.

Si Layton est en mesure de réellement recruter une équipe crédible, il pourrait même menacer les Libéraux à l'Ouest de la ville. Un candidat comme Julius Grey, par exemple, pourrait faire mal à des candidats plus vulnérables du PLC. Le Bloc aussi doit faire attention. La victoire à Papineau, qui sera déjà chaudement contesté entre Vivian Barbot et Justin Trudeau, pourrait être une occasion pour le NPD de se distinguer des deux "vieux" partis.

Sur l'Afghanistan, le NPD aura également l'avantage d'être clair. Au Canada, le parti qui s'oppose à la guerre en Afghanistan, c'est le NPD. Les Libéraux, eux, seront vraisemblablement divisés sur la question.

Maclean's a récemment remis ses prix des meilleurs députés de l'année. Sur six catégories, le NPD en a remporté quatre. Sur "The At Issue panel", Andrew Coyne a récemment déclaré que le NPD avait "the most under-rated politicians in Ottawa. Pound for Pound, they beat everyone."

***

Ceci dit... Tout n'est pas si rose pour le NPD...

En opposition, les Libéraux ressemblent drôlement au NPD. Les analystes seront nombreux à rappeller qu'en 1988, 60% de la population a voté pour des partis qui s'opposaient à l'ALÉNA, mais que le Canada s'est quand même retrouvé avec un Gouvernement conservateur majoritaire (voire très majoritaire). Est-ce qu'il y a risque que ça se reproduise? Les Libéraux vont certainement le rappeller à tout le monde qui pense voter NPD.

Il y a aussi le Parti Vert. L'alliance entre les Libéraux et les Verts a été sévèrement critiquée par les médias, mais pour une personne progressiste, il y a quelque chose d'attirant avec ce pacte. Combiné au refus de Jack Layton de rencontrer Elizabeth May, chef du Parti Vert, il risque y avoir une alliance Dion-May contre Layton.

Finalement, la montée d'une vedette comme Thomas Mulcair, combiné avec le départ de certains ténors du parti, comme Bill Blaikie, marque un changement de cap au NPD. Bien que plusieurs seront heureux de ce renouvellement, le NPD risque perdre des appuis dans les prairies, au bénéfice des Libéraux. Évidemment, ces pertes seront probablement compensés ailleurs, mais il risque y avoir une division dans le parti.

Parlant de "division"... Pendant l'affaire Schreiber au Comité parlementaire sur l'éthique, le NPD a misé sur Thomas Mulcair. Pat Martin, député néodémocrate et membre permanent du comité, a montré sa frustration pendant un scrum. Mulcair répondait à toutes les questions et en frustration, Martin a quitté sans s'adresser aux médias.

Le problème du NPD a toujours été sa coalition. Au sein du même parti, on retrouve des environnementalistes et des employés de GM et de Ford qui ne veulent pas imposer de conditions aux fabricants automobiles. Le renouvellement du parti risque pousser les syndiqués vers les Libéraux, un peu comme Buzz Hargrove pendant la dernière campagne électorale.

Malgré tout, on comprend pourquoi Jack Layton veut une élection.

La vitesse et la jeunesse

Dans un éditorial publié aujourd'hui dans La Presse, André Pratte propose d'augmenter l'âge minimal pour l'obtention d'un permis de conduire de 16 à 18 ans.

Ne considérons-nous pas qu'une personne de moins de 18 ans n'est pas assez mature pour acheter de l'alcool, du tabac ou des billets de loterie? Qu'on n'a pas assez de jugement pour voter à 16 ou à 17 ans? En vertu de quelle théorie estime-t-on que les mêmes jeunes gens acquièrent une soudaine sagesse en s'installant derrière le volant?
L'idée n'est pas mauvaise. Il y a bel et bien un problème avec les jeunes hommes et la vitesse. Pas seulement au Québec, mais partout. Mais est-ce vraiment l'âge? J'aurais tendance à penser que c'est la nouveauté de la chose. La sensation de manipuler une machine excessivement puissante pour la première fois qui excite les jeunes et qui les incite à faire de la vitesse. Je ne crois pas qu'on verrait un changement marqué entre 16 et 18 ans... Quoi que certains feraient l'argument que tout changement, aussi minime soit-il, est positif.

Par ailleurs, Pratte se réfère probablement à la réalité montréalaise... C'est-à-dire métro, autobus, taxi, etc. Mais que fait-on des millions de Québécois qui résident dans des régions rurales et qui, souvent, dépendent de leurs voitures pour se déplacer? Contrairement aux écoles primaires/secondaires, il n'y a pas d'autobus scolaires pour le CEGEP (Les étudiants commencent habituellement le CEGEP à 17 ans). Un changement de ce genre nécessiterait une réforme à grande échelle, pas seulement une disposition au Code de la Route.

Et si Pratte faisait le calcul à l'envers? Si on fait confiance aux jeunes de 16 ans de conduire, s'ils reçoivent des peines comme "adultes" losrqu'ils commettent des crimes, si on les fait payer "comme adulte" partout dans la société... Pourquoi ne pas baisser l'âge adulte à 16 ans? Je ne propose pas nécessairement ça... Mais un débat s'impose sur l'âge de la majorité au Canada. Il y a tout simplement trop de contradictions.

Les Autochtones du Québec et les Québécois

Bizarre comme titre, non?

C'est pourtant ce qui est véhiculé dans l'entrevue de Dumont avec Denis Lessard et dont on peut retrouver un résumé ici.

Voici l'extrait en question:

La dernière prise de position de l’ADQ cette année – la demande d’un moratoire sur le nouveau cours d’éthique et de connaissances religieuses au primaire – a valu à Mario Dumont un tollé dans les communautés autochtones.

«Mais je suis convaincu que les Québécois sont avec nous sur cette question», insiste Dumont. Son parti a d’ailleurs commandé un sondage à Léger Marketing, qui observe que deux Québécois sur trois sont favorables à un tel moratoire. Les électeurs adéquistes et péquistes, surtout, tiennent à ce que la religion catholique soit prépondérante dans l’enseignement.
C'est peut-être une "sur-analyse", mais il y a quelque chose de bizarre avec la transition du premier au deuxième paragraphe.

À noter que c'est Lessard qui fait la déclaration "a valu un tollé dans les communautés autochtones" auquel répond Dumont "Mais je suis convaincu que les Québécois sont avec nous sur cette question." C'est l'utilisation du "Mais" qui me perturbe. Si Dumont avait dit "Je suis convaincu que les Québécois sont avec nous.", je ne dirais rien de plus. Ou alors, "La majorité des Québécois sont avec nous."

Il est impossible de vérifier si c'est Lessard qui fait la distinction entre les Autochtones et les Québécois... Ou si c'est Dumont qui la fait. Qui sait, c'est peut-être les deux? Ou encore, c'est peut-être une construction maladroite du journaliste. Mais quand même. Ça ressemble drôlement au "Nous" de Jacques Parizeau, sauf un peu plus inclusif.

Juste une précision: Il est vrai que ce ne sont pas tous les Québécois qui sont Autochtones, mais ce sont certainement tous les Autochtones habitant sur le territoire du Québec qui sont Québécois.

Un bilan de la controverse initiale ici.

Entrevue Mario Dumont - La Presse

Mario Dumont a accordé une entrevue au journal La Presse. Le résumé de l'entrevue se retrouve ici.

Quelques points importants de l'entrevue:

Sa priorité

En entrevue, Mario Dumont dit:

«Au Québec, l’année prochaine devrait porter d’abord sur une question : l’éducation. L’insatisfaction des gens est profonde et palpable à ce sujet. Qu’on pense au taux de décrochage des garçons… c’est un problème qu’on traîne depuis des années»
Lors de la dernière élection, Mario Dumont a placé l'éducation au 4e de ses priorités, tout juste après l'Autonomie, l'Identité et la Famille, si on se fie à sa plateforme.

Les médias

Dumont a soulevé un point intéressant:
Aussi, quand on regarde l’ensemble des commentaires politiques de « l’univers montréalais», ce qui se dit aujourd’hui, c’est identique à ce qui se disait de 2002 jusqu’à février 2007... Si on attendait que les commentateurs nous soient favorables, on aurait plié bagages depuis longtemps.
Commission Bouchard-Taylor

L'ADQ n'a pas présenté de mémoire. Pourquoi?
«On avait dit tout ce qu’on avait à dire, affirme M. Dumont. Les gens qui voulaient savoir ce que l’ADQ pense de ça avaient eu à satiété l’occasion de l’entendre. Plus d’un an après les exemples d’accommodements «déraisonnables», les gens ne voulaient plus en entendre parler.»
Quoi? Ai-je bien compris? "les gens ne voulaient plus en entendre parler"? On ne parle pas d'un cas particulier. On parle bien d'un "problème" de société. Dumont en a fait une question principale de sa plateforme électorale, dédiant plus d'espace à "l'identité" qu'à l'éducation, la famille ou à la santé.

Mettons à l'épreuve cette logique. Disons que les gens "ne veulent plus entendre parler" de l'éducation, est-ce qu'on devrait se croiser les bras? "Les gens ne veulent plus entendre parler" de l'état des routes au Québec. On passe au prochain sujet! "Les gens ne veulent plus entendre parler" de l'économie! Suivant! C'est totalement absurde.

Élections

Dumont ne veut pas d'élections.
«Nous, on est pressés d’avoir des changements pour le Québec, on n’est pas pressés d’avoir des élections… Il y en a eu il y a moins d’un an»
Ah bon. Et pourquoi voter contre le budget le printemps dernier? Et pourquoi menacer de faire tomber le gouvernement sur les commissions scolaires il y a un mois?

***

L'entrevue était réussie pour Dumont. Il parle du décrochage chez les garçons, un problème rarement soulevé par les politiciens mais qui affectent une grande partie des familles du Québec. On voit aussi une certaine maturité de la part du chef adéquiste. Aucune déclaration "choc", ni même d'accusation spectaculaire. Sa déclaration sur les élections laissent entendre qu'il est bel et bien en "contrôle" de la situation à Québec et qu'il décidera du temps des élections, pas le PQ.

Chapeau à Dumont d'avoir accepté de donner une telle entrevue. Dommage que Charest et Marois ont refusé l'invitation.
"Les deux autres chefs de parti, Jean Charest et Pauline Marois, se sont vu offrir la même tribune mais ont décliné l’invitation." Dommage.

Le Gouvernement et les renseignements sur la vie privée

Lorsqu'un citoyen fait affaire avec le Gouvernement, il y a une présomption que l'information transmise sera utilisée qu'à des fins éthiques et surtout, qu'elle sera protégée de sorte qu'elle demeure privée.

Hors, deux situations plutôt alarmantes, et relativement négligées par les médias, ne font rien pour rassurer les citoyens canadiens que le gouvernement fédéral protège l'information qu'il détient.

D'abord, la situation pathétique de Statistique Canada qui "a enfreint ses propres règlements au cours du recensement de 2006, en négligeant de mettre sous clé des dossiers contenant des informations personnelles sur des employés, et en permettant à de nouvelles recrues de commencer à travailler sans avoir d'abord passé les contrôles de sécurité." Hallucinant.

Comme si ce n'était pas assez, le Globe a publié l'histoire d'un homme qui consultait son dossier sur le site de Passeport Canada... avant de réaliser qu'il n'avait qu'à changer quelques caractères dans la barre d'adresse de son Internet Explorer/Firefox pour accèder aux comptes des autres!

Lorsque le Canada a décidé de contracter le traitement du recensement à Lockheed-Martin, une société américaine, plusieurs citoyens se demandaient si leur vie privée serait soumise au Patriot Act aux États-Unis. D'autant plus qu'il est obligatoire de remplir son formulaire de recensement. Statistique Canada a donc décidé de rassurer les Canadiens avec ce site:

Les données du recensement sont-elles protégées contre le Patriot Act?
Complètement. Les renseignements recueillis auprès des personnes vivant au Canada seront placés exclusivement sous la garde et la responsabilité des employés de Statistique Canada, et ce, en tout temps. En aucun moment, un entrepreneur n’a accès ni ne possède des réponses confidentielles issues du recensement. Ainsi, même si on demandait à un entrepreneur de remettre ou de transmettre des données du recensement, il lui serait matériellement impossible d’y donner suite.

Disons que je ne suis pas rassuré.

StatCan inquiète par son laisser-aller. Comme si l'information recueillie dans un recensement n'était pas si importante.

Le cas Passeport Canada est encore plus frustrant. Imaginez un compte courriel accessible en changeant un seul caractère dans l'adresse. Ou un compte de banque. Ou même un compte sur E-Bay. C'est inconcevable... Et pourtant! Le gouvernement semble incapable d'offrir la même protection à la vie privée que n'importe quel commerçant internet.

L'erreur est humaine. Mais on devrait s'attendre à mieux de notre Gouvernement et de ses ministères/services. On entend souvent les gens craindre Google, PayPal et les nombreuses sociétés "virtuelles" qui collectionnent nos habitudes sur internet. Disons que les bourdes récentes montrent qu'il ne faut pas seulement surveiller les sociétés privées.

En Grande-Bretagne, le Président de la HM Revenue & Customs a remis sa démission suivant l'envoi, par erreur, d'un disque contenant l'information privée de millions de citoyens britanniques.

Je ne sais pas ce qui est plus alarmant : l'indifférence de nos politiciens ou celle des citoyens? Et où sont les démissions? Où est l'opposition officielle? Où sont les médias? Mais surtout... Où est la Commissaire à la vie privée?

mercredi 26 décembre 2007

Une longue campagne

Il n'y a pas de limites à la durée d'une élection au Canada. La loi précise seulement qu'une élection devra durer au moins 36 jours. Les règles pour une élection partielle, c'est-à-dire une élection locale suivant une démission ou un départ d'un député entre deux élections, sont également larges. Elle doit être déclenchée au maximum 180 jours suivant le départ du député, mais la loi n'impose pas de durée maximale à la campagne.

Vendredi dernier, environ 170 jours suivant la démission d'un député, Stephen Harper a annoncé la tenue de quatre élections partielles, deux en Ontario, une en Saskatchewan et une autre en Colombie-Britannique. À préciser que Stephen Harper avait jusqu'à la fin du mois pour annoncer les dates des partielles.

Au lieu d'attendre 180 jours avant d'annoncer des élections qui seront tenus le 17 mars... soit 90 jours plus tard... Le Premier ministre aurait pu tenir les élections partielles en même temps que celles au Québec en septembre. Seule celle de la Saskatchewan aurait été repoussée, puisque le député a démissionné en septembre.

À noter que les quatre comtés sont représentés par des Libéraux.

Ontario:
Toronto-Centre: Représenté par Bill Graham, ancien ministre de la défense et des affaires étrangères sous Jean Chrétien et Paul Martin. Bob Rae devrait gagner haut la main pour les Libéraux.

Willowdale: Anciennement au Libéral Jim Watson, l'ancienne candidate à la chefferie, Martha Hall-Findlay, devrait également remporter ce siège assez facilement.

C-B:
Vancouver-Quadra: Libéral depuis 1984, l'ancienne ministre provinciale libérale, Joyce Murray est favorite.

Saskatchewan:
Desnetche-Missnipi-Churchill River: Les Libéraux ont seulement remporté ce comté par 67 voix en 2006. Deux candidats libéraux compétitionnent pour le conté, David Orchard et Joan Beatty. David Orchord, ancien membre du Parti Conservateur, a appuyé Stéphane Dion en 2006. De son côté, Joan Beatty est une femme autochtone très connue dans la province. Il y a des rumeurs qui courent que Dion voulait directement nommer Beatty, au lieu de laisser la chance qu'Orchard représente les Libéraux dans le comté.

Les Libéraux sont assurés de tenir trois des quatre comtés, et ont de fortes chances à garder Churchill-River, avec Orchard ou Beatty. Disons que ça vient expliquer pourquoi le PM a décider de repousser les partielles jusqu'au mois de mars.

Bob Rae, Martha Hall-Findlay, Joyce Murray et peut-être Joan Beatty en Chambre des communes avec Stéphane Dion... Sauf si des élections générales sont déclenchées avant le 17 mars... Dans un tel cas, les partielles seraient assimilés aux élections générales.

Quel stratège ce Stephen Harper.

Site d'Élections Canada:
Le lundi 17 mars, on vote... une date à marquée d'une croix

Le bulletin de Québec Solidaire

Voici les notes attribuées par Françoise David, porte-parole du parti Québec Solidaire, aux partis politiques de la province:

Jean Charest et le PLQ: 4/10
Pauline Marois et le PQ: 4/10
Mario Dumont et l'ADQ: 1/10

Et en toute modestie... Françoise David et le QS: 7/10!

En entrevue à la Presse Canadienne, Françoise David a souligné "que son parti a réussi à faire sa place sur l'échiquier politique québécois, malgré qu'il ne soit pas représenté à l'Assemblée nationale." S'il n'y avait pas eu des élections en mars, cet argument serait légitime. Mais le fait que le QS ait été incapable de faire élire un député est un échec.

Revoyons 2007 pour QS:
- Se classe 5e aux élections, derrière le PLQ, l'ADQ, le PQ et... Verts.
- Aucun député élu.
- Zéro participation au débat des chefs.
- Mémoire intéressant sur les accomodements raisonnables.
- Un rapport favorable à la proportionnelle par le Directeur général des élections du Québec, un cheval de bataille du QS.
- Un appui de la CSN (300 000 membres)... Mais pas de la FTQ (500 000) lors de l'élection.
- Amir Khadir et Françoise David ont terminé deuxième dans leurs circonscriptions respectives... Devant le PLQ!

7/10? Pas sûr...

Diplomatie : Ottawa et Téhéran... en passant par Kaboul

Les relations entre le Canada et l'Iran sont tendues depuis la révolution islamique en 1979. Le Canada a fermé son ambassade à Téhéran en 1980, suite à son rôle au relâchement d'otages américains et l'a seulement réouverte en 1988. Sans ambassadeur jusqu'en 1996, Ottawa en a finalement envoyé un suivant une entente de normalisation des relations diplomatiques avec la République Islamique.

En 2003, l'Affaire Kazemi, a marqué le début de nouvelles tensions entre les deux pays. Suivant cet incident, le Canada a parrainé plusieurs résolutions à l'Assemblée générale de l'ONU, dont une la semaine dernière. La déclaration du Ministre des affaires étrangères se trouve ici.

Depuis déjà plusieurs mois, l'Iran est sans ambassadeur à Ottawa, suivant la décision du Canada de refuser les deux candidatures présentés,

Le Canada et l’Iran tentent de s’entendre sur un échange d’ambassadeurs depuis un certain temps, mais nous avons malheureusement été dans l’impossibilité d’accepter les candidats proposés par Téhéran jusqu’à présent
...sous prétexte qu'ils auraient pris part à la prise d'otages en 1979.

De son côté, Téhéran nie catégoriquement ces accusations:

Mais le chargé d'affaires iranien, Seyed Mahdi Mohebi, a déclaré mercredi que les lettres de créance des deux hommes avaient déjà été acceptées dans d'autres pays.

L'un d'eux, Ali Reza Nobari, a été ambassadeur en Union soviétique, a-t-il dit. Il a été nommé au poste d'Ottawa par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, il y a environ un an.

L'autre, Ahmad Azizi, a été ambassadeur en Allemagne sous l'administration du président réformateur Mohammed Khatami, selon M. Mohebi.

"Ils n'ont pas été impliqués dans la crise des otages", a assuré M. Mohebi. Ce sont "des diplomates expérimentés", qui travaillent depuis longtemps pour les affaires étrangères, a-t-il soutenu au cours d'une entrevue menée en farsi par La Presse Canadienne.

Suite aux deux refus, Téhéran a expulsé l'Ambassadeur canadien de son territoire.

Le 25 décembre, en Afghanistan, Peter MacKay déclare que les Talibans "utilisent des armes iraniennes."

Une déclaration qui peut faire sursauter, mais qui ne fait que répéter ce que l'OTAN dit depuis au moins septembre 2007. Le Général américain, également "senior Commander" de l'OTAN, Dan K. McNeill avait alors déclaré au Washington Post:

"I think there is sufficient intelligence to put together a picture that says this convoy that we intercepted the other day, which clearly geographically originated in Iran, and other things that we've encountered -- it would be hard for me to imagine that they had come into Afghanistan without the knowledge of at least the military in Iran," McNeill said.

...Tout en évitant d'accuser le gouvernement iranien:
While pointing the finger at Iran's military for funneling weapons into Afghanistan, McNeill cautioned, "We didn't say that we could prove they were coming from the Iranian government."
Récapitulons:

En l'espace d'un mois, le Canada a parrainé une résolution dénonçant l'Iran à l'Assemblée générale de l'ONU, refusé deux candidatures iraniennes pour son Ambassade à Ottawa, a vu son propre ambassadeur expulsé de Téhéran et le Ministre de la défense, Peter MacKay a déclaré que des armes iraniennes sont à la source des morts canadiennes en Afghanistan.

lundi 24 décembre 2007

Harper veut régler la question québécoise... depuis 2005


En grande une sur cyberpresse ce matin, on trouvait le compte-rendu de l'entrevue de Harper avec La Presse: Harper veut régler la question québécoise. En lisant un peu, on s'aperçoit qu'il ne s'engage à rien et ne fait que répéter ce que Benoît Pelletier dit depuis des années:

Stephen Harper souhaite que la résolution qui reconnaît les Québécois comme une nation soit incluse dans la Constitution canadienne dès que « le terrain sera fertile ».
La nouvelle a été reprise par Radio-Canada, par Maclean's, sans compter les nombreux blogues et agences.

L'art de "créer" un scoop! En lisant la nouvelle, je m'étais rappellé de ce que Harper disait en décembre 2005... Alors qu'il était Chef de l'opposition.
Dans son allocution, le chef conservateur a même évoqué la possibilité que le Québec, qui n'a toujours pas signé la Constitution de 1982, puisse intégrer «la famille constitutionnelle quand les circonstances y seront favorables».
Il a répété son désir de "ré-ouvrir" la Constitution en avril 2006, à la Radio de la CBC:
Harper told the CBC that, as he considers his moves in the weeks and months ahead, constitutional change would be on his list – and not for only one province. Harper said he would act not "just to accommodate Quebec but also to accommodate demands we have from the West and from other parts of the country."

Depuis au moins 2003, Jean Charest et Benoît Pelletier répètent qu'ils veulent amender la Constitution... "Lorsque le fruit sera mûr"... Harper nous sort une autre analogie "Lorsque le terrain sera fertile"...

Depuis au moins le mois d'août, le Devoir a rapporté la même analogie agricole, du bureau du Premier ministre:
Au cabinet du premier ministre Harper, même flou quant à la forme. Dans les faits, « on respecte déjà le principe conservateur qui consiste à limiter le pouvoir fédéral de dépenser », a fait remarquer l’attaché de presse Dimitri Soudas. Ce dernier a insisté pour dire que le gouvernement allait honorer sa promesse et qu’il allait formaliser « l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser », mais sans plus de précision sur la manière. Dans la Constitution ? C’est exclu, a répondu M. Soudas, ajoutant une autre métaphore agricole à celle du « fruit non mûr » : « Le terrain n’est pas fertile pour l’instant. »
Allez, pourquoi pas? Je vais me souscrire à cette tendance de faire une analogie agricole: On reconnaît l'arbre à ses fruits... et non par ses paroles. (Ouf. Un peu tiré, mais quand même).

Stephen Harper et Hanoukka

Vendredi dernier, j'ai décidé de me couper les cheveux. J'ai trouvé une petite boutique sympathique sur Laurier, à Ottawa. Une fois "sur la chaise", une dame m'a demandé mon origine. "Are you Jewish?" J'ai répondu du mieux que je pouvais "Close". Mes parents sont nés au Liban. Je suis né à Ottawa. La dame était un peu surprise par ma réponse et Barry, le barbier, encore plus. "Oh no. It's because of you people we can't say Merry Christmas anymore." Il faut dire que la le commentaire était relativement sympatique, avec un certain humour britannique.

Inutile de dire que je suis indifférent à l'utilisation du mot "Noël" en ce temps-ci de l'année. Si le 25 décembre est un jour férié au pays, ce n'est certainement pas pour souligner une journée d'hiver banale. Ça risque évoluer un jour, mais pour l'instant, le 25 décembre désigne "Noël", la naissance du Christ. Certains politiciens, comme Jack Layton, évitent soigneusement de nommer "Noël" dans leurs cartes de voeux à leurs partisans. C'est un choix légitime qui se défend.

À l'inverse, la majorité des élus, comme Stéphane Dion ou Chuck Strahl par exemple, sentent un désir de réaffirmer le caractère chrétien de cette journée. Ce sont, encore une fois, des choix légitimes.

Mais je dois dire que j'étais sidéré en lisant la carte de voeux de Stephen Harper:

Au nom de notre famille Laureen, Ben, Rachel et moi, Joyeux Noël, Joyeuse Hanoukka, et tous nos vœux de santé et de bonheur pour la nouvelle année.
Hanoukka est une fête juive, qui est célébrée pendant 8 jours. Cette année, la fête a débuté le 11 décembre. Par ailleurs, la fête musulmane "Eid El-Adha", tombait le 20-23 décembre.

Par défaut, le Christianisme est la religion d'État. Cette situation va probablement évoluer, mais pour l'instant, c'est la réalité. Il est plausible d'imaginer la Cour Suprême du Canada ordonner que les fêtes religieuses soient respectés pour chaque minorité au pays. Il se peut même qu'ils soient, tour à tour déclarés des congés fériés (peu probable, mais tout de même possible.) Un scénario également possible serait que le jour de "Noël" soit tout simplement remplacé par un autre nom, non-religieux, ou tout simplement déplacé à une autre journée, pour marquer une fête hivernale tout simplement. Mais jusqu'à ce qu'un de ces scénarios se conrétisent, le Canada célèbre cette fête chrétienne.

Il est donc normal d'accepter cette célébration religieuse dans les souhaits quotidiens. Les souhaits de Stephen Harper inquiètent, et non pas pour la minorité musulmane du pays, mais pour tous les Canadiens. Le Premier ministre du Canada ne devrait pas faire la promotion d'une religon au-dessus d'une autre, sauf dans les cas exceptionnels comme Noël ou Pâques, dans ses déclaration à l'ensemble de la population. Ses souhaits étaient destinés à tous les Canadiens, pas seulement la population juive/chrétienne.

À la limite, on pourrait accepter l'inclusion d'une deuxième fête religieuse si Hanoukka tombe tout près de Noël. Malheureusement, cette logique obligerait le PM à faire mention de Eid El-Adha. On pourrait également peut-être l'accepter si le Judaïsme était la deuxième religion au pays... ce qui n'est pas le cas. L'Islam compte plus de 500 000 croyants au Canada, contre environ 330 000 juifs... et 300 000 buddhistes. Les Hindous sont un peu moins de 300 000.

Soyons clairs. Je ne dénonce pas les voeux du PM envers la communauté juive. Jack Layton, par exemple, a fait une déclaration adressée à la population juive du pays. Le risque de faire comme Jack Layton est d'éventuellement oublier une des nombreuses fêtes religieuses dans le monde, et donc, se faire accuser de favoritisme.

À l'inverse, je ne comprends tout simplement pas comment le Premier ministre peut justifier l'inclusion de Hanoukka au même titre que Noël, tout en négligeant une autre fête religieuse, célébrée en même temps, et par un plus grand nombre de Canadiens.

***

De mon côté, je vous annonce que je célébre Noël en famille et avec des amis... Et donc... Prochain rendez-vous: 26 décembre! Joyeuses fêtes!

dimanche 23 décembre 2007

Entre 2007 et 2008

C'est le temps des bilans 2007 et des prédictions pour 2008. Michel C. Auger de Radio-Canada parlait de scénarios électoraux la semaine dernière et propose maintenant un bilan préliminaire du gouvernement minoritaire à Québec. Ses scénarios rejoignent en plusieurs points l'excellente analyse de Denis Lessard sur Cyberpresse. Lessard y traite des circonstances stratégiques auxquelles font face les trois chefs provinciaux ainsi que des scénarios électoraux envisageables. Il révèle que Pauline Marois et Gilles Duceppe se sont rencontrés en secret à la mi-décembre.


Au sujet de la scène fédérale, Patrice Roy dresse un palmarès des événements l'ayant le plus marquée en 2007.


Finalement, Richard Hétu signe un long article décrivant les courses aux investitures américaines où il dresse le bilan des tendances qui se sont dessinées au cours des dernières semaines.


Quelles sont vos prédictions pour l'année à venir?
Encore mieux, quand prédisez-vous que nous aurons un nouveau premier ministre provincial?

Stephen Harper et Noël (3)

Jane Taber est journaliste au Globe and Mail. Elle anime également "Question Period" sur le réseau anglophone CTV.

Elle est surtout connue pour sa chronique "Political Notebook" où elle "people-ise" la Colline Parlementaire en classant les députés dans deux catégories: Hot or Not.

Voici un extrait qui illustre le froid entre le Premier ministre Harper et la CBC:

Hot: The CBC's Peter Mansbridge. The CBC usually has a half-hour with the Prime Minister for his year-end interview. This year, however, the Corp. was offered 15 minutes, but anchor Peter Mansbridge managed to squeeze out another 2 1/2 minutes with Stephen Harper. His interview is being broadcast on Newsworld today. Now this is revealing, as the Harper government is no fan of the media and many Conservatives especially don't like the CBC, believing it is left-of-centre and does not treat the Harper government fairly.
Pourquoi froid? Parce que Harper a accordé une heure au réseau CTV.

Je comprends que le PM a le droit d'imposer des limites de temps différentes pour chaque média, mais il me semble que la CBC mériterait au moins autant de temps que CTV, parce que c'est la télévision d'état, mais aussi parce que CBC est "la référence" parmi les junkies politiques du pays, notamment grâce à sa couverture de la période des questions, une émission dédiée à la politique (Politics avec Don Newman) mais surtout, grâce à son "At Panel Issue", qui regroupe Chantal Hébert et Andrew Coyne tous les jeudis soirs. Sans compter les contributions ponctuelles des chroniqueurs du Star, de Maclean's et du Globe.

Finalement, et je doute que ce soit scientifique, mais j'ai l'impression que l'auditoire de la CBC compte précisément les électeurs manquants pour Stephen Harper et son gouvernement majoritaire (potentiel).

samedi 22 décembre 2007

La personne de l'année (au Québec)


Non, je ne parle pas de Vlad Poutine.

Michel David croit que c'est plutôt Mario Dumont:

Quoi qu'on puisse penser de Mario Dumont, il est certainement celui qui a eu le plus d'impact sur la dynamique politique québécoise au cours de l'année qui s'achève. Comme il l'a lui-même dit dans son bilan de fin de session, 2007 aura été «le plus grand cru de toute l'histoire de l'ADQ»
Évidemment, les critères pour une personne de l'année varient selon celui qui fait la sélection. Par exemple, Maclean's a désigné Conrad Black son "Newsmaker of the Year", et le Time au Canada a remis le titre au Dollar canadien, tout juste devant Sydney Crosby.

Ce n'est ni scientifique, et exception peut-être pour Time (USA), le concours lui-même ne semble pas être pris si sérieusement par les auteurs en question.

Ma première impression en lisant le choix de David était plutôt l'indifférence. Je n'étais ni surpris, ni en désaccord avec ce choix que je croyais évident, surtout au Québec. Après tout, Mario Dumont et l'ADQ sont venus de loin pour totalement déstabiliser une province à deux partis. Le premier gouvernement minoritaire de l'histoire moderne de la province, ainsi que la composition de l'Assemblée nationale, marquera 2007 autant que la victoire du PQ en 1976.

Mais ce type de concours n'est jamais tout à fait objectif. Les attentes pour Dumont étaient nulles, et donc, une victoire comme celle du 26 mars ont causé un Tsunami médiatique et politique au Québec. Mais il n'y a pas si longtemps, Jean Charest était voué à la défaite. On spéculait même sur son successeur. Il avait reculé sur les écoles juives, sur le projet du Suroît et les Prêts et bourses. Sa "réingénerie" de l'État n'a jamais eu lieu, et ses baisses d'impots... Et on ne parle même pas de Orford.

En 2007, il a mené une campagne désastreuse, misant sur son bilan, plutôt maigre et bourré de promesses brisées, au lieu de faire comme Dalton McGuinty, et reconnaitre les erreurs du premier mandat.

Malgré un premier mandat qui ne peut être désigné par autre chose que décevant, Charest s'est fait ré-élire. Contre toutes attentes, le PLQ a probablement connu sa meilleure session à Québec en 2007, malgré son statut minoritaire.

Le déséquilibre fiscal a été "réglé" et le Québec a été reconnu comme une nation. Pas mal.

Ce sont deux raisons parmi tant d'autres pour lesquelles Le CalgaryGrit a fait son choix sur Jean Charest pour "Man of the Year". Voici un extrait assez savoureux:
And while a good case could be made for crowning Dalton McGuinty, Brad Wall, or Danny Williams, much like Forrest Gump, Jean Charest just seemed to be in the centre of everything this year. Hell, he even made a cameo appearance or two in the Mulroney-Schreyber affair.
Entre Jean Charest et Mario Dumont, je crois que ça serait une égalité pour les raisons énumérées ci-haut. Ceci dit, je crois qu'il faut tout de même faire mention spéciale pour la Commission Bouchard-Taylor, qui semble être le seul véhicule politique à l'extérieur de l'Assemblée nationale (Deuxième position). Pauline Marois (troisième) pour avoir redonné une image de respectabilité au PQ, et ce, dès son arrivée.

À Ottawa, sans aucun doute l'or irait à Stephen Harper pour une domination totale de l'agenda politique. La médaille d'argent irait à Karlheinz Schreiber qui monopolise les couvertures du Globe and Mail depuis déjà deux mois et pour qui les "Man of the Year" auraient dû être décernés pendant les années 80 pour son rôle dans la chute aux enfers de Joe Clark. La médaille de bronze irait à Thomas Mulcair qui a donné une visibilité inattendue du NPD au Québec et qui semble être le favori pour la succession à Jack Layton dans les années à suivre.

P.S. Je réalise que la photo a très peu à voir avec le reste du billet, mais admettons-le, quelle photo!

The Democratic Action of Québec*


Le 3 décembre, l'ADQ a lancé son nouveau site internet "bilingue". Voici un extrait de leur annonce:

Dans ce contexte, notre site web avait besoin d’être revu en profondeur. C’est ce que nous avons fait tout au long de l’automne jusqu’à ce que le nouveau site soit mis en ligne, le 3 décembre dernier. Et ce n’est qu’un début. Attendez-vous à ce qu’il s’enrichisse considérablement au cours des prochains mois. D’ailleurs, vous pouvez déjà constater que l’ADQ est le seul parti de l’Assemblée nationale offrant un site entièrement bilingue. Pourquoi ? Parce que la minorité de langue anglaise, au Québec, compte plus d’un million de personnes. La meilleure manière de bien se faire comprendre n’est-elle pas de s’assurer de communiquer un message qui sera bien compris ?
Sauf que le Parti Libéral du Québec a lui aussi un site internet en anglais.

*Des trois partis, seul le PLQ traduit officiellement son nom, "Liberal Party of Québec." À quand the Democratic Action of Québec?

P.S. Aussi, fait divers à noter, Mario Dumont souhaite "
Voeux de Noël de Mario Dumont, chef de l’opposition officielle" en français et ADQ Leader Mario Dumont offers everyone his best wishes en anglais. Trouvez l'erreur.


vendredi 21 décembre 2007

Stephen Harper et Noël (2)


Don Martin fait le bilan de l'entrevue du National Post avec le Premier ministre.

La ton du papier est plutôt favorable à Stephen Harper, mais arrive tout de même avec une conclusion intéressante:

He clearly has the means to land a majority. But you wonder still if he's not a bit too mean to win one.
Si je parle de sa chronique, c'est surtout parce qu'il révèle que Stephen Harper ne donnera pas d'entrevue de Noël à la Radio anglophone de Radio-Canada. En fait, ce n'est pas autant la chaine qui le dérange que l'animatrice de l'émission "The House", Kathleen Petty.

Je dois dire que je suis perplexe devant la décision du PM. Je ne vois aucun bénéfice à boycotter la CBC sauf pour réaffirmer l'impression que Martin dessine, soit que Harper est partisan et surtout, "mean".

P.S. Il est possible d'écouter la dernière entrevue de Stephen Harper effectué par Kathleen Petty ici. Ça pourrait expliquer l'hésitation du Premier ministre.

Andrew Coyne s'en occupe

Pendant que Lysiane Gagnon signe des billets "Inutile de continuer", Andrew Coyne, ancien chroniqueur au National Post, désormais Chef de bureau national à Maclean's, fait le travail qu'on s'attendrait de nos médias nationaux... à partir de son blogue(!)

En dédiant son site internet entièrement à Schreiberbriber (je préfère Schreibergelder), Coyne soulève les contradictions dans les deux témoignages de Mulroney. Voici quelques exemples d'un échange entre les procureurs du gouvernement et Mulroney en 1996, suivi d'une analyse de Coyne:

Q. But the.., so I... perhaps I misunderstood. When you talked about having coffee with Mr. Schreiber at the Queen Elizabeth, it was in the period subsequent to November nineteen ninety-five (1995)?

A. No. No, it was after I left office in nineteen ninety-three (1993), and that's when he told me, as I indicated to you, that, that he was dismayed that my Government had not allowed him to proceed with his desire to build this Thyssen Project. And that's when he told me that he had hired Marc Lalonde to represent him, because he figured that Mr. Lalonde could prevail upon Mr. Chrétien and the Government to have this done in the East end of Montreal. Which, by the way, had they been able to do it, I... I... I thought it was a good project, and so I wouldn't have been critical of anything.

He told me he hired Mr. Lalonde to do that, he told me he was contemplating legal action against my Government, that he had hired a prominent law firm in Ottawa, I think Ian Scott's law firm, very distinguished lawyer, to take action against the, the bureaucrats in my Government who, he alleged, had frustrated the fact that he was never able to get a deal through. This deal. That was the kind of conversation we had.

Q. M'hm.

A. He expressed the hope that Mr. Lalonde would be successful in persuading the new Liberal Government to agree to conditions that would enable him to proceed with the project. That was it.

Emphasis added. That was it. Not: And then he pulled out an envelope stuffed with $75,000 in cash and handed it to me. Not: This was in December 1993, the second of three such meetings in which Schreiber handed over envelopes full of cash to me. Not: But why am I talking about Lalonde? Schreiber hired me to represent the same project overseas.

Clintonian is hardly the word.

Un rappel que Mulroney a reçu 2,1 millions de dollars du gouvernement fédéral suite à sa déclaration qu'il n'a jamais fait affaire avec Schreiber.


Harper, Noël et le Sénat

Brian Mulroney a commencé la tradition. Jean Chrétien l'a "officialisé". Paul Martin l'a abusé. Stephen Harper l'exploite.

Je parle bel et bien des entrevues annuelles de Noël du Premier ministre avec les médias du pays. Je n'oublierai jamais Paul Martin, à l'époque majoritaire, qui donnait des entrevues à tous les médias, presque sans exception, répondant aux mêmes questions de la même manière, d'une chaine à l'autre.

Bien que les entrevues ne soient pas terminées, il semblerait que Harper réserve "une déclaration choc" par entretien, en commençant avec:

OMNI TV, une chaine multiculturelle:
«Je ne vois pas pourquoi j'irais en cachette dans une chambre d'hôtel pour rencontrer le dalaï lama. Ce n'est pas une call girl», a déclaré M. Harper à la chaîne de télévision OMNI dans le cadre d'interviews de fin d'année dont des extraits ont été rendus publics jeudi.

Radio-Canada/CBC, sur la question nationale:
«Mais c'est plus que ça. Je pense qu'après deux générations, la population québécoise est tannée de ces vieilles chicanes. Je pense vraiment que la population cherche un chemin entre le séparatisme et les centralisateurs.» Autonomiste?

Au réseau CTV, parlant de l'économie:
"We think the costs are manageable but they are real. They are going to bite," said Harper.

Et finalement, sur l'abolition du Sénat, au Devoir:
«On veut la réforme ou l'abolition», dit le premier ministre.

Une dernière note sur le Sénat. Michel Vastel en a déjà parlé sur son blogue, mais le site internet du NPD, "Temple de la rennomée du sénat" mérite d'être vu! Sans doute mon "Hall of Famer" serait Philippe Gigantès qui aurait : "Il a lu l'un de ses livres, du début jusqu'à la fin, dans les records du Sénat afin de se procurer une tradition française complète, qu'il a fait publier par la suite."

Note au NPD: Le titre de votre page "Temple de la renomé du sénat" tandis que votre adresse internet est "Temple de la renommée du sénat".

Le Professeur Michel David


Michel David, chroniqueur politique au journal Le Devoir, continue avec sa tradition d'évaluer l'opposition et le gouvernement.

Habituellement, David y va avec des notes "A" "B" "C"... Mais probablement en lien avec la décision du gouvernement de retourner avec le bulletin "chiffré" aux écoles, David a lui-même décidé de chiffrer ses bulletins. Voici des extraits des bulletins davidesques:

Bulletin ministériel:

Après une année difficile, Philippe Couillard a retrouvé sa couche de téflon. Au cours de la dernière session, les attaques de l'opposition lui ont coulé dessus comme l'eau sur le dos d'un canard. La signature d'ententes avec les fédérations de médecins met un terme à des années de relations tendues. Son plus grand souhait pour l'année 2008 serait de quitter la Santé, mais il prend tous les moyens pour y rester. 92

Monique Jérôme-Forget (Finances, Conseil du trésor) demeure un pilier du gouvernement, mais elle a outrepassé ses prérogatives en réclamant une peine sévère pour l'ex-p.-d.g. de Norbourg, Vincent Lacroix. En comparaison, elle a semblé bien tolérante pour la Caisse de dépôt, qui a pris un sérieux risque en investissant aussi massivement dans les «papiers commerciaux». Sa décision d'encadrer les emprunts des universités était parfaitement justifiée, mais elle a dû renoncer à une partie importante de son projet de loi sur les infrastructures. 88
Claude Béchard (Ressources naturelles) s'est couvert de ridicule en menaçant de poursuivre la Chambre de commerce de Rivière-du-Loup parce qu'il n'avait pas été invité au dîner-conférence de Stephen Harper. Son projet de loi sur la transparence des prix de l'essence, qui aurait créé un fouillis démocratique, a été rejetée par les partis d'opposition. Le projet de loi 39, qui lui permettrait d'octroyer des permis de coupe dans les vieilles forêts sans l'accord du forestier en chef, est en flagrante contradiction avec le consensus du récent sommet l'industrie forestière sur la nécessité d'une stratégie de développement durable. 55

Peu importe les vertus de son projet de loi sur la sécurité routière, Julie Boulet (Transports) laissera avant tout le souvenir d'une femme qui a eu la petitesse de blâmer son chauffeur d'avoir commis un excès de vitesse pendant que Madame dormait. 50

Moyenne du groupe: 72,3%
Bulletin de l'opposition :
Tous secteurs confondus, François Legault (Rousseau) a été le député d'opposition le plus percutant. Il a eu un beau scoop en dévoilant les achats massifs d'actions de la Bourse de Montréal par ses dirigeants au cours des derniers mois. Il ne perdrait cependant rien à crier un peu moins fort à l'Assemblée nationale. 90.

Gilles Taillon (Chauveau) est sans doute le plus crédible des députés adéquistes, même si son passé de président du Conseil du patronat vient périodiquement le hanter. Il a forcé la convocation d'une commission parlementaire pour examiner les méthodes comptables du gouvernement. Ses questions sur les investissements de la Caisse de dépôt dans les «papiers commerciaux» ont fait mouche. Il s'est cependant fait rabrouer quand il a laissé entendre qu'un gouvernement adéquiste remettrait en question l'existence des cégeps. 85.

Raymond Francoeur (Portneuf) est tout à fait représentatif de l'effacement de l'aile parlementaire adéquiste. Sa seule et unique question à l'Assemblée nationale remonte au 24 mai, mais il a été la vedette de l'incident le plus désopilant de la session. Quand le premier ministre a demandé s'il y avait un fédéraliste parmi les députés de l'ADQ, M. Francoeur a candidement levé la main. 55.

Son collègue de Saint-Maurice, Robert Deschamps, s'est signalé le mois dernier par l'émission d'un communiqué de presse de 253 mots qui comportait plus de 20 fautes. Il a même réussi à déformer le nom de son parti, qu'il a appelé «l'Association démocratique du Québec». 50.

Moyenne du groupe: 69,4%
Ces deux billets annuels sont devenus la marque de commerce de Michel David, et par extension, du Devoir. Au point où même Chantal Hébert trace un bulletin des politiciens à Ottawa.

Visiblement, David s'amuse à compiler ses bulletins et l'ajout des moyennes du groupe, ainsi que l'évaluation du Président (qu'on peut retrouver dans le Bulletin de l'opposition), sont des ajouts intéressants à ces chroniques de références au Québec.


Le fameux 0,05

Selon Jean Charest, le pire moment de la dernière session parlementaire aura été le refus de l'opposition d'abaisser le taux permis d'alcool de 0,08 à 0,05mg. «Ils en porteront l'odieux» a lancé le Premier ministre.

Je dois admettre que je suis stupéfait de le position de l'ADQ et du PQ.

Rappellons que le projet de loi prévoyait une suspension du permis pour une période de 24 heures pour toute personne prise avec un taux d'alcool entre 0,05 et 0,08mg.


En fait, l'ADQ et le PQ se sont opposés à cette mesure pour deux raisons bien différentes.

Pour l'ADQ, c'était trop:
Pierre Gingras, [critique en matière des Transports] selon qui la suspension du permis pour 24 heures au taux de 0,05 était une mesure «inadéquate». «On ne croit pas que cette mesure aurait des effets sur le bilan routier. Il faut viser les criminels de la route, les récidivistes, et non pas les citoyens qui boivent modérément. Et c’est presque l’ensemble de la population qui boit modérément et conduit prudemment.» (emphase ajoutée)
Pour le PQ, ce n'était pas assez:

D’abord, le Parti Québécois est tout à fait en accord avec le gouvernement pour dire que lorsqu’on doit prendre la route, il ne faut pas consommer d’alcool. Mais l'alcool au volant, ça doit être criminel et non faire l'objet d'une simple réprimande administrative comme le suggère Jean Charest.

La proposition d’abaisser le taux d'alcoolémie à .05 du gouvernement Charest rate la cible des réels dangers de l’alcool au volant, car la mesure proposée n’est qu’une réprimande administrative. Ainsi, pris avec un taux d’alcool entre .05 et .08, un citoyen aurait pu seulement se faire enlever son permis et son véhicule pour… 24h.

Un rappel qu'à chaque année, 12 personnes perdent la vie dans des accidents liés à un taux d'alcool entre 0,05 et 0,08mg.

L'ADQ a au moins le mérite d'être cohérente. Elle ne reconnaît pas qu'un taux de 0,05-7 peut être dangereux, et donc, elle s'oppose à ce projet de loi. Le PQ choque par son opposition, car son opposition fait en sorte qu'un conducteur pris entre 0,05 et 0,08 n'aura même pas de réprimande... au lieu d'une "simple réprimande administrative"!

Le PLQ a sorti une publicité avec l'image d'une route en arrière-plan et une musique assez kétenne, merci:
«Chaque année, trop d'accidents sont liés à l'alcool, à la vitesse, à un bref manque d'attention. Ces accidents coûtent des vies. Le gouvernement a agi et a déposé un projet de loi qui visait à sauver des vies. Il s'attaquait entre autres à l'alcool au volant. Encore une fois, la partisanerie l'a emporté sur la responsabilité. Le Québec demeurera la seule province canadienne à tolérer un taux d'alcoolémie aussi élevé au volant. M. Dumont, Mme Marois, la sécurité routière n'est pas un simple jeu parlementaire. On ne joue pas avec des vies.» (emphase ajoutée)
Disons que mettre Dumont et Marois sur un pied d'égalité dans le dossier sur la sécurité routière est pour le moins malhonnête. Surtout si on tient compte de l'avis de la Ministre des Transports, Julie Boulet:
La ministre se félicite néanmoins de l’adoption de cinq mesures sur six. «Assurément, ça nous permettra de sauver des vies», a-t-elle dit, remerciant le PQ de sa «collaboration extraordinaire» et blâmant l’ADQ de s’être opposée au «cœur» du projet.
Quelqu'un pourrait donc rappeller au PLQ que justement, la sécurité routière n'est pas un simple jeu parlementaire et que les citoyens méritent mieux que des publicités partisanes qui jouent sur les émotions de la population.

Pauline Marois, chef de l'opposition


Je comptais faire un billet sur la session ratée de Mario Dumont avant de me rendre compte que je me suis fait devancer.

Les éléments les plus marquants depuis la dernière élection sont sans doute le départ d'André Boisclair (enter Pauline!), les baisses d'impôts, le projet de loi sur la "citoyenneté québécoise" du PQ et le renforcement du code routier. Mention honorable pour l'amendement à la Charte québécoise sur les droits et libertés de la personne. Mais où était l'ADQ?

Comparons les déclarations de "fin de session" des deux chefs de l'opposition:

Marois dresse un sombre bilan de la dernière session
:
Pauline Marois déclare que le gouvernement Charest n'a plus l'attention du gouvernement fédéral et reproche au chef adéquiste, Mario Dumont, de n'avoir pas plaidé l'urgence de certains dossiers auprès du premier ministre Stephen Harper.

Mme Marois soutient que la priorité du gouvernement Charest aurait dû être de forcer Ottawa à agir notamment dans la crise manufacturière, alors que, selon elle, rien n'a été fait et que les travailleurs en paient le prix.

Elle estime donc que les intérêts du Québec ne sont pas défendus.

Pendant la conférence de presse, Marois a également discuté de la question des garderies, de la bourse et des ainés.
Mario Dumont fait son mea culpa:
«Nous avons complètement raté notre coup au niveau du message», a admis d'emblée le chef de l'Action démocratique (ADQ), en traçant le bilan de la dernière session parlementaire lors d'une conférence de presse.

Le chef de l'ADQ reproche en outre au gouvernement Charest de se «cacher» derrière des consultations de tous ordres plutôt que de trancher dans des dossiers controversés.

«Le gouvernement Charest a réussi à camoufler son vide derrière des groupes de consultation mais dans le fond, il ne fait rien. Il n'a pas de plan de match», a-t-il analysé.
Oui, il y a manipulation des médias. Dumont aurait pu parler pour des heures, mais dès qu'il prononce les mots "mea culpa", c'est clair que ça va se retrouver dans le titre. Je vois quand même une Pauline Marois qui fait un bilan sur le Parlement, sur le Québec, sur les deux autres Partis politiques. Je vois un Mario Dumont qui fait un mea-culpa et qui attaque le gouvernement sans proposer d'alternative ou même d'agenda pour le retour en 2008.

J'ai souvent l'impression que Pauline Marois est la véritable Chef de l'opposition. Aujourd'hui, Mario Dumont a confirmé aux Québécois, autant avec ce qu'il a dit que ce qu'il a omis, qu'il n'était tout simplement pas "prêt".

P.S. Une dernière note sur les Chefs de l'opposition; c'est probablement la job la plus ingrate en politique. Stephen Harper était en "danger" quelques mois avant sa victoire électorale en 2006. Idem pour Jean Chrétien, qui, en pleine campagne en 1993 se faisait attaquer par des organisateurs libéraux(!)... À l'inverse, Robert Stanfield était probablement un des meilleurs Chefs de l'opposition, même surnommé "The Best Prime Minister Canada never had".

lundi 17 décembre 2007

Qui sera le prochain président américain?

Le 3 janvier prochain, les électeurs de l'Iowa, un état du MidWest américain de 3 millions d'habitants, voteront à l'occasion du premier d'une longue série de caucus et d'élections primaires. Cinq jours plus tard, ce sera aux électeurs du New Hampshire (1.3 millions d'habitants) de se prononcer sur les candidats qu'ils veulent voir dans la course à la présidence. Pour les démocrates, le flambeau passera ensuite...

- au Michigan (15 janvier - 10.1 millions)
- au Nevada (19 janvier - 2.4 millions)
- à la Caroline du Sud (26 janvier - 4.3 millions)
- à la Floride (29 janvier - 17.8 millions)

... puis le 5 février, ce seront 22 états qui tiendront leurs caucus et primaires en même temps lors du fameux Super Tuesday. Le 6 février, il est probable que nous ayons une bonne idée de l'identité des candidats qui remporteront les investitures démocrate et républicaine.

Le caractère démocratique du processus de sélection des candidats des deux grands partis américains impressionne, surtout quand on le compare à certaines de nos courses à la chefferie. Mais si ce processus en est un des plus ouverts au monde, il est aussi un des plus compliqués. Pour vous y retrouver, nous vous proposons quelques liens:

  • YouTube YouChoose vous permet de consulter les vidéos des différents candidats. Vous y verrez certaines de leurs publicités et certains de leurs discours, et vous y trouverez des liens vers leurs sites officiels.

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